Publié le 26/05/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Bien que les requins n'aient pas d'oreilles visibles, leur ouïe est l'un de leurs sens les plus essentiels. En effet, l'eau étant un milieu dispersif, les sons s'y propagent très vite et très loin. Les requins ont donc une oreille interne très performante et étroitement liée avec leur système de ligne latérale (dont je vous parlerai dans un prochain article) : on parle alors d'organe acoustico-latéral.
Les squales sont sensibles aux basses voire très basses fréquences car ce sont les sons qui se propagent le mieux dans un milieu aqueux. En l'absence de tympan, on peut considérer que c'est tout le corps du requin qui joue le rôle de récepteur des vibrations qui sont ensuite transmises à l'oreille interne.
L'oreille interne est le siège de l'audition mais aussi de l'équilibre et de l'orientation. Lors d'une prédation, l'ouïe est le premier sens qui permet de repérer une proie (détection d'une proie à plusieurs kilomètres à la ronde).
Publié le 19/05/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Galeocerdo cuvieri pour les scientifiques, requin tigre pour les autres, il est l'une des terreurs des mers. Caractéristique grâce à son museau très carré et les zébrures sombres de son flanc (surtout quand il est jeune), c'est bien le requin le moins sélectif au niveau de la nourriture... et c'est ce qui le rend potentiellement dangereux.
On a déjà retrouvé toutes sortes de choses dans l'estomac d'un requin tigre : des parapluies, des plaques d'immatriculation, plusieurs oiseaux, des dauphins entiers, des sacs plastiques, des vêtements... Qualifié par les mauvaises langues de "hyène de mer" ou de "poubelle à nageoires", il n'en est pas moins un des plus redoutables prédateurs des océans. Il est considéré comme l'un des requins les plus dangereux et il est souvent impliqué dans des agressions sur des hommes. Ses proies sont de toutes tailles mais il apprécie les tortues (sa puissance est telle qu'il peut briser leur carapace grâce à ses dents redoutables) et les albatros (il suit les albatros qui se regroupent pour la reproduction et traque les jeunes qui tombent dans l'eau et ne sont pas encore capables de s'envoler).
Anecdote :
C'est en 1935 qu'une des affaires les plus mystérieuses du monde médico-légal s'est déroulée. Elle met en scène un requin tigre de plusieurs mètres capturé et vendu à un aquarium d'Australie. Tout se passe bien dans les premières temps mais subitement au bout de quelques jours, le requin se met à ne plus manger. Personne ne comprend mais comme les requins peuvent jeûner très longtemps, personne ne s'inquiète réellement. Seulement, 8 jours après sa capture, le requin se met à régurgiter tout ce qu'il avait avalé devant une quinzaine de personnes interloquées. On trouve des carcasses de poissons et... un bras humain.
Belle enquête en perspective ! Aucune attaque n'avait été signalée. Heureusement, un détail aida bien les enquêteurs : le bras régurgité portait un tatouage représentant deux boxeurs. Le propriétaire du bras a donc pu être identifié... mais on ne l'a jamais retrouvé.
Étant impliqué dans des histoires pas toujours très nettes, les enquêteurs sont arrivés à la conclusion qu'il avait été assassiné et découpé. Les morceaux auraient été mis dans une vasque mais il manquait de la place. Le bras restant aurait alors été jeté tel quel à la mer et le requin tigre l'aurait alors mangé. Jamais on n'a retrouvé le reste du corps et l'affaire a été classée.
Un point étrange de cette enquête est que le bras était en parfait état de conservation après 8 jours complets au moins dans l'estomac du squale.
Publié le 15/05/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Comme vous le savez peut-être, la France est un grand consommateur de requin. Au niveau européen, elle est à la deuxième place des pays pêcheurs de requins (derrière l'Espagne) et à la troisième place au niveau des exportations (derrière l'Espagne et l'Italie).
Quelques chiffres de 2006 :
- 5 819 T de roussettes (51%)
- 2 361 T d'émissole lisse (21%)
- 1,098 T d'aiguillat (10%)
.......
Dans les poissonneries, il n'est pas rare de trouver des peaux-bleues, des roussettes ou de l'émissole. Pour ne pas affoler le consommateur, on renomme les requins. Ainsi, chez le poissonnier, la petite roussette porte le nom de "saumonette", l'aiguillat devient de la "saumonette siki" etc...
On trouve aussi du requin dans des produits plus improbables tels que le surimi. Beaucoup de médicaments sont aussi faits à base de cartilage de requin. Les japonnais croient en la qualité aphrodisiaque de la soupe d'ailerons mais cela reste à prouver de même que toutes les croyances concernant les vertus anti-cancer du requin (en réalité il a même déjà été prouvé par la communauté scientifique que ces propriétés relevaient de la croyance populaire et que manger du requin n'avait aucun effet sur le cancer ou la sexualité).
En tant que consommateurs, un premier pas vers la protection des requins serait de vous renseigner sur la nature des produits que vous achetez. Ne vous laissez pas duper par des noms modifiés. Si tout le monde sélectionnait plus ses produits et limitait sa consommation en produits à base de requin, ce serait déjà un bon progrès pour la protection des squales !
Publié le 11/05/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Voilà presque un mois que le film "Les Seigneurs de la mer" est sorti en France et il a dépassé les 60 000 entrées. Pour un film classé dans la catégorie documentaire, je trouve ça bien ! J'espère que vous avez été nombreux à aller le voir !
Présentation du réalisateur :
Rob Stewart est un jeune canadien de 28 ans. Depuis tout petit, il est passionné par les requins et le monde marin en général. Il devient successivement biologiste, prof de plongée puis photographe animalier. Il voyage à travers le monde, fait des safaris et ses photos sont publiées dans plusieurs revues telles que le National Géographic. Il se spécialise dans la photographie sous-marine. Lorsqu'il a 22 ans, il décide de tourner un film sur les requins (n'ayant jamais vraiment touché à une caméra, il fait confiance à son expérience de photographe). Au départ, le film devait être vide de toute présence humaine mais lorsque Rob et son équipe ont une altercation avec des braconniers costaricains, le film prend une toute autre tournure...
Synopsis :
Ce film documentaire est un plaidoyer pour le requin. Sont montrées les aventures et mésaventures de Rob Stewart et son équipe (ils visiteront au total une quinzaine de pays pendant les 5 années que vont durer le tournage, ils sont recherchés par des gouvernements, par la mafia...) qui se sont attaqués à un des commerces qui brassent le plus d'argent au monde (juste derrière le commerce de drogue) : le trafic des ailerons de requin. D'éminents scientifiques sont interviewés et font un constat alarmant du déclin des populations de requins et de son impact sur l'écosystème marin et donc sur la santé de la planète en général.
Ce film est magnifique avec des images sous-marines d'une grande beauté mais il montre aussi la réalité de la pêche à l'aileron. Les images sont parfois difficiles mais il faut bien ça pour faire réagir les gens. Les scientifiques du monde entier tirent la sonnette d'alarme : les requins sont en train de disparaitre et leur extinction aurait des conséquences dramatiques (oui oui, pas seulement sur la mer mais sur notre monde bien terrestre). Un des messages contenus dans le film est qu'il ne faut pas se laisser aller à l'inertie sous prétexte qu'on ne peut apparemment rien faire : c'est sous la pression publique que la chasse à la baleine a pu être interdite alors il faut continuer à diffuser le message, à mettre les gens au courant.
Vous pouvez agir. Faites le.
Publié le 03/05/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
S'il est bien quelque chose d'essentiel pour les requins, ce sont leurs dents ! Elles représentent leurs armes donc un moyen de se défendre et de se nourrir.
La structure des dents des requins ressemble à celle des dents humaines avec une cavité interne riche de vaisseaux sanguins qui est recouverte de dentine elle même recouverte d'émail. La composition de cet émail (aussi appelé vitrodentine) est presque exclusivement minérale d'où une grande solidité des dents. Le problème est que la mâchoire des squales a une puissance extraordinaire et donc parfois des dents peuvent rester fichées dans une proie.
La Nature ne faisant rien au hasard, l'intégralité des dents est remplacée tous les 8 à 15 jours selon les espèces. Ce remplacement peut se faire dent par dent ou rangée par rangée. Il est rendu possible grâce à un ingénieux système où l'on pourrait assimiler les gencives à un tapis roulant. Les dents se forment à l'intérieur de la cavité buccale, couchées et pointe vers l'arrière. Avec le temps, elles se redressent peu à peu et prennent la place d'une dent manquante ou poussent celle qui n'est pas encore tombée. Les nouvelles dents sont plus grandes que les anciennes.
La forme des dents varie aussi beaucoup selon différents facteurs comme l'espèce, le sexe, l'âge, la place dans la mâchoire... Les dents de la mâchoire supérieure ne sont pas les mêmes que celles de la mâchoire inférieure pour une question d'efficacité de la morsure. Les dents changent de forme au cours de la croissance pour s'adapter aux modifications du régime alimentaire. Ainsi, certaines dents sont faites pour couper, d'autres pour écraser les coquilles, d'autres encore pour saisir des proies rapides...
Tous les requins ont des dents mais celles des requins filtreurs comme le requin baleine ou le requin pélerin sont tellement petites ( de l'ordre de quelques millimètres) qu'on ne sait même pas à quoi elles servent.
Publié le 28/04/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Voici celui qui porte bien son titre de géant des poissons : le requin baleine. Ce colosse indolent peut atteindre les 18 mètres de longueur et un poids de plusieurs tonnes. Malgré sa taille, il ne représente pas de réel danger car c'est un filtreur se nourrissant exclusivement de plancton ou de tout petits poissons. Attention cependant aux involontaires coups de nageoires pouvant assommer un bœuf.
Il nage le plus souvent en surface, ouvrant sa large gueule pour aspirer le plancton et le krill. Beaucoup de gens en le voyant pensent que ce n'est pas un requin car il est dépourvu de dents. Il fait pourtant bien partie de la famille des squales.
Ce gentil géant est pourtant aujourd'hui menacé d'extinction. Ses ailerons gigantesques attirent la convoitise de certains pêcheurs et il souffre de la pollution de nos océans qui endommage son délicat système de filtre.
Publié le 21/04/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Le requin n'est pas aussi mal-aimé dans l'eau que sur terre. De fait, il entretient des relations avec de nombreux poissons. Parmi ces derniers, les rémoras sont ceux qui accompagnent le plus souvent les squales. Ils ont la curieuse caractéristique de pouvoir se fixer à l'épiderme d'animaux plus gros qu'eux par le biais d'une ventouse située au sommet de leur tête.
Ce système leur permet de se laisser traîner. En plus de voyager sans effort, ils profitent des restes de repas de leur hôte. En contrepartie, ils le débarrassent de ses parasites (ce qui leur fait une réserve de nourriture supplémentaire). De plus, être aux côtés d'une prédateur tel que le requin leur apporte une sécurité non négligeable dans l'océan.
Publié le 07/04/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Voilà peut-être les plus curieux des sens des requins : la perception des champs électriques. Ils sont les seuls animaux à être dotés de pareils capteurs.
Les ampoules de Lorenzini (du nom du savant italien qui les a décrites pour la première fois) se situent sur la tête, essentiellement sur le museau et autour des yeux. On peut les voir sous forme d'une multitude de petits points noirs. Ces pores sont l'ouverture de l'ampoule vers l'extérieur. Au delà de cette ouverture se trouve un petit canal rempli de gelée (l'humeur) contenant des cellules nerveuses sensibles aux champs électriques. Le tout est relié au système nerveux qui transmet les messages au cerveau.
Ce système est très efficace et peut permettre au requin de repérer de très faibles impulsions électriques. Peuvent ainsi être détectés les battements de cœur ou les contractions des muscles.
Les requins utilisent ce sens pour la chasse car il leur permet de trouver des proies dans le noir ou cachées sous le sable. Il leur permet aussi de les guider pendant la dernière phase de l'attaque, celle où les yeux sont révulsés.
Une autre utilisation des ampoules de Lorenzini est tout simplement celle de la navigation. Elles permettent au requin de repérer les champs magnétiques terrestres et donc de se guider dans l'océan. Elles font donc office de compas ou de boussole ce qui permet les migrations ou les regroupements pour la reproduction. Elles permettent aussi de détecter les variations de température.
Pour illustrer et compléter cet article, voici une très bonne vidéo qui nous est proposée par clo (merci beaucoup !). Je suis obligée de mettre le lien sur deux lignes car sinon il fait bugger la page mais copiez le (en entier) dans la barre url :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/requin%2Bmarteau/video/x4a828_
predateurs-le-requin-marteau-excell_animals
Publié le 03/04/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Bien bien bien, alors ce billet est fait pour ne PAS parler des requins. En effet je voudrais ici commencer une petite liste : celle des choses qui tuent plus que les requins. Parce que bon, finalement, on se focalise, on se focalise, mais gardons l'esprit ouvert !
Dès qu'il y a une petite morsure (aussi grave qu'une coupure due à un tesson de bouteille), les médias se focalisent et réclament leur vengeance contre l'affreux Jaws dans un bain de sang. Relativisons donc un peu les choses si vous voulez bien et dressons une esquisse de liste. Les nombres entre parenthèses représentent le nombre de morts en un an. Je commence :
- la famine (8 000 000)
- les accidents de la route (1 200 000)
- la drogue (2 200)
- les exécutions (2 400)
- les éléphants et les tigres (100)
- les crocodiles (500) qui sont par ailleurs protégés
- les guêpes
- les noix de cocos
- les distributeurs de sodas
- les chaises
- les grille-pains
.....
Les requins tuent 5 personnes par an en moyenne.
.....
Je me trompe peut-être mais j'ai tendance à penser que vous côtoyez plus de chaises que de requins...
Vous pouvez continuer la liste si ça vous amuse !
Publié le 29/03/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Les requins existent depuis la nuit des temps. Cela fait des centaines de millions d'années qu'ils peuplent nos océans et ils ont survécu aux 5 extinctions massives qui ont décimé presque toutes les espèces. Cependant, ils n'ont presque pas changé depuis tout ce temps et sont restés au sommet de la pyramide alimentaire. Quelle meilleure preuve de leur efficacité en tant que prédateur des océans ?
Cela est dû au fait qu'ils sont parfaitement adaptés à leur milieu. Pour évoluer dans les milieux marins avec le moindre effort et le moins de bruit possible, ils ont développé des caractéristiques physiologiques.
Tout d'abord, certains ont une forme évoquant celle de la goutte d'eau (voyez un grand blanc de face, son corps bombé qui s'affine vers l'arrière n'est pas sans évoquer une goutte) mais cela concerne surtout les prédateurs de haute mer. Cette forme leur permet de réduire les frottements de l'eau et d'atteindre de hautes vitesses de pointe lors d'une attaque.
Une caractéristique propre à tous les requins est la constitution de leur peau. Loin d'être lisse, elle est très abrasive et des nageurs ont déjà été brûlés à cause d'un simple contact avec un requin. Leur épiderme est en réalité constitué de milliers de petites écailles qui sont une miniaturisation de leurs dents (chaque espèce ayant une forme de dents qui lui est propre, elle a aussi un épiderme qui la caractérise).
Grâce à leur forme et leur peau, ils réduisent à leur minimum les frottements dus à l'eau. Ils peuvent ainsi nager longtemps sans jamais se fatiguer et leur progression est silencieuse pour ne pas alerter leurs proies.
L'hydrodynamisme optimal des requins a d'ailleurs inspiré beaucoup de monde car les combinaisons de plongée sont recouvertes d'une matière ressemblant fort à de la peau de requins et des études sont menées pour appliquer ce modèle à d'autres utilisations (les sous-marins par exemple).
La photo ci-dessus représente un fort grossissement d'un échantillon de peau de requin. Je précise pour ceux qui grâce à leur imagination fertile y verraient un escargot ou un tableau de Salvador Dali.