Posté le 10/09/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Depuis que je suis revenue de vacances, je vous parle d'une "surprise" (que je suis sûre que vous attendez tous avec impatience ! Non ? Bon c'est tout...). Elle se compose d'une bonne et d'une mauvaise nouvelle.
Commençons par la mauvaise, je vais tenter d'épargner vos petits nerfs chers lecteurs. L'apologie du requin s'arrête ici. Voilà quelques mois que ce blog a été lancé et je suis ravie de voir qu'il marche de mieux en mieux mais je l'abandonne aujourd'hui.
Bien sûr, cela n'est pas sans raison ! Car voici la bonne nouvelle ! Depuis quelques mois, je travaille sur un site internet ayant pour sujet les requins. Il est enfin en ligne et sera mon nouveau support d'expression ! Ce site en est à ses balbutiements mais je vais tout faire pour l'améliorer encore et toujours avec des articles qui seront rajoutés régulièrement et une section parlant de l'actualité marine.
J'espère donc tous vous retrouver sur :
http://www.sharkastic.com
Pourquoi un site plutôt qu'un blog ? Pour une plus grande liberté de design, de classement des articles, pour ne plus avoir de pub pour de la soupe d'aileron ou des chaussures... J'espère vraiment qu'il vous plaira à tous, n'hésitez pas à partager vos impressions et merci à tous ceux qui ont suivi l'apologie du requin !
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Posté le 04/09/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Voilà un requin plutôt atypique qui a fait parler de lui ces derniers temps : le requin lézard. Véritable fossile vivant, il a été observé pour la première fois en vie il y a quelques mois par des chercheurs japonnais qui en ont capturé un spécimen. La femelle est malheureusement morte au bout de quelques jours de captivité, peut-être à cause de la variation de pression. En effet, ces requins vivent à des profondeurs abyssales (de 120 à 1280 mètres) d'où la difficulté de bien les connaître.
Le requin lézard (ou requin à collerette) peut mesurer jusqu'à deux mètres. Il est pourvu de 6 paires de fentes branchiales et est ovovivipare. Son corps très allongé évoque celui d'une anguille (d'où son nom scientifique). Contrairement à beaucoup de requins, il n'a qu'une seule nageoire dorsale qui est proche de sa nageoire caudale. Cette particularité semble indiquer qu'il vit en permanence près du fond. Son régime alimentaire est surtout constitué de céphalopodes et de poissons benthiques (vivant sur le plateau continental). On le trouve surtout vers l'Afrique du Sud, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Californie et le Chili.
Il nous reste beaucoup de choses à savoir sur ce requin à l'allure si inhabituelle mais les récentes découvertes à son propos nous ont déjà éclairé sur son mode de vie.
Posté le 31/08/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Me voilà revenue ! Je posterai un billet bientôt mais sachez qu'une surprise vous attend d'ici une semaine. Merci à tous ceux qui me sont restés fidèles malgré cette longue absence, j'espère que vous ne serez pas déçus par ce que je vous prépare !
Posté le 27/07/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Merci aux fidèles lecteurs de "lapologiedurequin"...
Je suis partie en vacances jusqu'à fin août et je vous répondrai à mon retour.
Bonnes vacances à vous
Posté le 18/07/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Voici celui qui détient la seconde place du palmarès des plus grands requins : le requin pélerin. Il est aussi un des trois filtreurs de plancton et est donc totalement inoffensif. On peut le croiser dans les eaux tempérées, donc au large des côtes françaises.
Ses arcs branchiaux lui permettent d'ouvrir une gueule démesurée pour capturer du plancton. Il peut ainsi filtrer plus d'un million de litres d'eau de mer en une journée. Lorsque vient l'hiver, ses arcs branchiaux tombent et il cesse donc de se nourrir pour rentrer dans une période assimilable à une hibernation. Il nage au ralenti, près du fond jusqu'à repousse de ses précieux arcs. On retrouve ceux qui sont tombés au fond des mers. Il est l'un des seuls requins (avec le requin baleine) à avoir une gueule qui s'ouvre devant la tête, les autres requins ayant une gueule en position ventrale.
Aujourd'hui menacé, il est l'une des trois espèces de requins classée protégée. Sa pêche est interdite afin d'assurer un renouvellement des populations.
Posté le 27/06/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Aujourd'hui, seules quelques espèces de requins sont officiellement protégées : le requin baleine, le requin pèlerin et le grand requin blanc.
Ces trois espèces ont été choisies parce qu'elles sont emblématiques. En effet, le requin baleine et le requin pèlerin, paisibles filtreurs, sont inoffensifs tout en étant les plus grands requins. Le requin blanc, quant à lui, est celui qui représente le mieux les requins dans l'imaginaire collectif. Bien que protégés, ces requins sont encore pêchés et sont aujourd'hui en grand danger d'extinction.
Cependant, ils sont loin d'être les seuls, les populations de requins déclinent à vue d'œil dans le monde entier depuis quelques décennies. Les scientifiques estiment que le nombre de requins a aujourd'hui diminué de 90%. L'espèce qui a le plus souffert du déclin des populations est le requin à pointes blanches (diminution de la population de 99,3%).
Toutes ces statistiques sont d'autant plus alarmantes que les requins sont apparus il y a plus de 400 millions d'années (en guise de référentiel, on peut citer l'homme dont les plus lointains ancêtres sont apparus il y a 4 millions d'années). Ils ont survécu aux 5 grandes crises biologiques qui ont éradiqué la plupart des espèces terrestres et marines. Ils sont toujours restés au sommet des chaînes alimentaires et ont donc une croissance lente, des temps de gestation longs et un faible taux de reproduction. Tous ces facteurs mis bout à bout font que les populations n'ont pas le temps de se renouveler à cause de la pêche intensive.
Aujourd'hui, ce sont presque TOUS les requins qui sont menacés d'extinction. S'ils venaient à disparaitre, ce serait une catastrophe biologique au niveau des océans et de la biodiversité car cela reviendrait à décapiter la pyramide alimentaire. Toutes les espèces (y compris l'homme) finiraient par en pâtir d'une façon ou d'une autre.
Encore une fois, je vous incite à parler de ce problème autour de vous, à tenter de sensibiliser votre entourage. Je sais qu'il y a beaucoup de causes comme la mienne dans le monde, mais les requins, comme toutes les autres espèces en danger, ont besoin de défenseurs.
Je vous laisse ici quelques pétitions en ligne que vous pouvez signer si vous avez 2 minutes.
http://www.petitiononline.com/ssharks/petition.html
http://www.sharksavers.org/content/view/295/9/
http://www.sharktrust.org/petition/
http://www.asso-apecs.org/article.php3?id_article=127
http://www.30millionsdamis.fr/agir-pour-les-animaux/petitions/signer-petition/petition-signature/1.html
Posté le 25/06/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Voici un spécimen très particulier : le requin bouledogue (Carcharinus Leucas). Il se classe parmi les 5 espèces les plus dangereuses et certains disent même qu'il est le requin le plus dangereux. Il peut dépasser les 3 mètres mais n'atteint pas des tailles aussi impressionnantes que celle du grand blanc ou du requin tigre.
Sa particularité est qu'il peut nager un certain temps en eaux douces. En effet, il lui arrive souvent de prendre des estuaires et de remonter des fleuves, parfois sur plusieurs milliers de km. Cela lui a valu le nom de requin du Zambèze. Il remonte notamment l'Amazone, le Mississipi, le Zambèze et le Gange. De ce fait, il lui arrive de se rendre coupable d'agressions sur des baigneurs, des gens faisant leur lessive ou sur des croyants faisant leurs ablutions.
Il ne peut cependant pas passer toute sa vie en eau douce et il lui faut rejoindre la mer de temps à autres. Ce n'est pas un requin de haute mer, il reste en général assez proche des côtes. Il peut être présent lors de séances de shark feeding.
Le requin bouledogue et le requin du Gange sont les seuls requins à pouvoir vivre un certain temps en eau douce. Le requin taureau a aussi cette capacité mais sur un temps beaucoup plus restreint.
Posté le 14/06/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Voilà quelques jours, j'ai, pour mon plus grand malheur et au nom de mon ouverture d'esprit, visionné le film Shark zone (en français traduit par Alerte aux requins). Mais qu'ai-je fait ???!!! Pourquoi tant de haine ? Mes yeux me brûlent encore tant ce film est consternant. Voyez plutôt :
Synopsis :
Dans une station balnéaire (encore et toujours) vit un homme : Jimmy Wagner. Depuis que son père est mort sous ses yeux dix ans auparavant déchiqueté par une horde de requins blancs pour le sauver, il est hanté par le souvenir de ce tragique accident. Il se souvient parfaitement des hurlements de son regretté géniteur et... de l'endroit où a eu lieu la tragédie qui n'est autre qu'une ancienne épave dans laquelle, dit-on sommeille un coffre rempli de diamants. Tiens donc. Bref notre héros est aujourd'hui marié et papa, il déteste les requins mais coule néanmoins des jours heureux en veillant à la sécurité des baigneurs sur les plages. D'ailleurs, bientôt, il y aura une grande fête dans sa charmante petite station balnéaire ! Cependant, il pense que des requins rôdent. Il prévient le maire qui (ô surprise) refuse de fermer les plages (ça ne vous rappelle rien ?). Blah blah blah plein de baigneurs prennent du bon temps dans l'eau quand UN VÉRITABLE BANC DE GRANDS REQUINS BLANCS ATTAQUE ! Attendez... Un banc ? Oui oui, un banc d'au moins 30 ou 40 grands blancs. Bref notre héros va se démener pour éradiquer ces "saletés" qui sont "méchantes, vicieuses, et sournoises". Et au passage il se fait harceler par un mafieux russe, sponsor de la fête, qui veut absolument savoir où est l'épave du début si vous avez suivi.
Une bien belle histoire que voilà, n'est-ce pas ? Alors si on résume, on a là un cocktail des plus démentiels : des méchants vraiment méchants, des gentils vraiment gentils (et même parfois un peu cons), un héros torturé par un souvenir déchirant mais qui reste un père aimant, un mari dévoué et un citoyen exemplaire, des requins blancs cruels par centaines qui rugissent (hahaha)... Bref, un monument qui nous date de 2003 avec des effets spéciaux des années 70 (images de documentaires qui reviennent 5 fois, requins en carton pâte, voire en papier mâché, sang-ketchup).
Si vous voulez le voir, ne le regardez pas tout seul, soyez plusieurs pour rigoler !
Posté le 05/06/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Le feeding ("nourrissage" en anglais) est une pratique consistant à appâter et à nourrir des requins à la main. Cela se pratique le plus souvent devant des touristes qui payent pour cela. Les spécialistes les emmènent sous l'eau et ils profitent du spectacle des squales qui se nourrissent. Les requins impliqués sont en général de taille modeste (rarement beaucoup plus de 2 mètres) et sont en général des pensionnaires des zones benthiques (peu éloignées des côtes). N'attendez pas de feeding avec un grand blanc, une troupe de requins gris ou de requins dagsit sera plus probable.
Cette pratique a de plus en plus de succès et ne comporte que très peu de risques si des mesures élémentaires de sécurité sont prises. Il arrive qu'il y ait tout de même des accidents lorsque les squales rentrent dans un état de "frénésie alimentaire", c'est-à-dire qu'ils s'excitent tellement les uns les autres qu'ils mordent à l'aveugle tout ce qui est à leur portée.
C'est un moyen d'approcher des requins qui reste assez sécurisant tout en étant très impressionnant. Cependant, il faut faire attention aux abus : les requins nourris régulièrement au même endroit prendront des habitudes, approcheront de plus en plus près les nageurs et cela peut devenir dangereux. On a déjà constaté des manques de respect ou des attitudes trop entreprenantes envers les requins (comme vouloir les monter ce qui, et ce tout à fait entre nous, relève de la stupidité la plus totale) qui se sont mal terminés.
Si un jour vous êtes tenté(e) par le feeding, choisissez vos accompagnateurs avec soin. Si vous ne le sentez pas, alors n'y allez surtout pas (même pour faire plaisir à votre famille ou même si on vous traite de poule mouillée) car les requins, grâce à leurs sens ultra performants, sentent instantanément la nervosité ou la peur. Et ils n'apprécient que modérément...
Le feeding est un moyen de montrer les requins au grand public sans que ce dernier y voit un tueur sanguinaire. Désormais, nombreux sont les gens qui peuvent dire "j'ai approché un requin !".
Posté le 30/05/2008 à 12:00 par lapologiedurequin
Attaquons nous ici à un cliché : l'appétit des squales. Bien des cinéastes et autres romanciers ont, pour effrayer, fait croire à l'existence du requin insatiable et dont le but ultime est de combler le trou noir intersidéral qu'il a à la place de l'estomac. Y-aurait-il un passage vers une autre dimension dans le ventre des requins de cinéma ? Sans doute. Par contre dans la réalité, ça ne se passe pas comme ça.
En réalité, les requins ne passent pas toute leur vie à manger (et d'ailleurs, au risque de vous décevoir, sachez que la plupart de ceux qui sont pris dans des filets ont l'estomac vide de nourriture et de passage vers la 4ème dimension). Ils se nourrissent en moyenne tous les 4 à 7 jours. Ils ont donc un certain rythme de vie avec des périodes intenses de chasse lorsqu'ils ont faim suivies de longues périodes digestives. Un requin adulte va manger plus qu'un jeune dans l'absolu mais si on prend le rapport poids/nourriture ingérée, c'est lorsque les squales sont jeunes qu'ils mangent le plus pour assurer leur croissance.
En moyenne, en un an, un requin va manger de 1 à 10 fois son propre poids. C'est assez peu. Prenons l'exemple du requin taupe commun : un adulte de 250 kg mange en moyenne 300 g de nourriture par jour. Les besoins en nourriture varient aussi selon la température de l'eau (une eau froide ralentit le métabolisme et diminue les besoins en nourriture) ou la période de l'année (les femelles de certaines espèces mangent plus, juste avant, et juste après les périodes de reproduction).
Par ailleurs, sachez les plongeurs expérimentés préparent le terrain en nourrissant les squales avant de plonger parmi eux. Les risques de se faire mordre sont alors énormément diminués car un requin rassasié est un requin qui ne mord que sous la menace ou la colère (ou à la rigueur sous le coup de la curiosité mais dans un tel cas, le squale n'insiste pas si le plongeur se défend).